©2019 by SPECQUE. Proudly created with Wix.com

Carte blanche à ENVI (S)

July 31, 2018

Alors au-delà des incantations, le texte n’a pas été défendu dans le fond en plénière.

 

 

Pour sortir des incantations, des interjections et du spectacle en grand écran, il semble important de revenir sur les enjeux des textes. Après le tumulte et le fracas, la commissaire Marianne et la rapporteure Salomé, explique simplement les enjeux du texte et les points de frictions. Carte blanche pour 5 minutes d’explications sans décorum.

 

La commissaire : « Elle est un peu inutile »

 

Marianne : Salut, c’est Marianne R. L. F., je suis sur la commissaire de la Commission ENVI (S) pour l’accès au soin des migrants en situation irrégulière.

 

Salomé : Et moi c’est Salomé, je suis rapporteure sur le texte de Marianne sachant que c’est mon texte que l’on va amender et pas le sien. Elle est donc un peu inutile, là en ce moment…

 

Marianne : En fait je ne suis absolument pas inutile. La Commission a eu un mandat, le mandat d’étudier et de proposer quelque chose, un texte relatif à la santé des migrants qui n’ont pas de papiers, qui n’ont pas de statut juridique.

 

Je me suis battue pour ça aujourd’hui. J’ai retiré mon texte parce que le rapport de la rapporteure, sa proposition de résolution, ne traitait absolument pas des migrants qui n’ont pas de statut juridique. Le texte parlait seulement des réfugiés, des demandeurs d’asile, donc des personnes qui ont un statut juridique. Alors que moi, je veux traiter des gens qui sont entrés illégalement aux frontières, et qui n’ont jamais fait des demandes d’asile. Des gens qui se sont fait refuser, des gens qui sont présents illégalement, les apatrides…

 

Je veux parler de tous ces gens-là. Je veux les attraper large, sans différenciation. C’était le but de ma proposition. Les réfugiés et les demandeurs d’asile sont déjà traités dans le droit de l’Union européenne.

 

« Pourquoi j’ai retiré et ramené mon texte »?

 

Alors, c’est pour ça que j’ai retiré mon texte au départ.

 

Pourquoi je l’ai ramené ? Parce que j’ai entendu des messages d’espoir de plusieurs chefs de partis, de plusieurs rapporteurs fictifs qui ont fait des discours très positifs dans mon sens là-dessus. Alors je pense que je vais leur donner une chance. C’est une suspension, pas un retrait définitif.

 

Salomé : Très bien, alors je vais revenir sur plusieurs choses notamment le retrait du texte, avant même que le débat ait commencé. C’est quand même un manque de confiance pour les eurodéputés, notamment ceux de gauche.

 

Ensuite, deuxième point, sur la distinction entre migrants en situation irrégulière et légale, on a un problème de financement. Si on accueille les migrants en situation irrégulière, comment est-ce qu’on paye ? Surtout avec la llllaaaaarrrrggggeeee marge de manœuvre de la Commissaire Marianne, notamment la phytothérapie ?

 

« Non mais tu n’as absolument pas lu mon texte? »

 

Marianne : Les financements, je pense que c’est des choses qui sont à préciser dans une directive ou un règlement, pas une communication. Non, mais je pense que les citoyens….

 

Salomé :…. Non, mais on est sur une communication, genre santé, c’est une compétence des États membres. Je ne vois pas comment les États membres pourraient se permettre de payer l’ensemble, alors qu’ils n’ont pas l’argent pour payer des politiques internes. On parle de la France ou de l’Allemagne, des Pays de l’est ou de la Grèce…

 

Marianne : Non, mais je suis d’accord, dans la mesure où la Grèce, dans les faits, elle peut totalement dire : « mais moi je n’applique pas cela »…

 

Salomé :…. Mais c’est en contradiction totale avec ce que tu dis…

 

Marianne :…. Mais tu n’as absolument pas lu mon texte…

 

Salomé :…… Si je l’ai lu…

 

Marianne :…. Où j’ai dit à maintes reprises que, en cas de crise, on n’oublie aucun État membre et c’est aux États membres de décider…

 

Salomé :…. Mais oui, si c’est aux États membres de décider, sauf que là, ce qu’on cherche à faire, c’est une uniformisation, donc autant commencer par des directives et des règlements qui existent déjà sur les questions de réfugiés.

 

La directive de 2003, elle parle de soins d’urgence. Même dans ta communication, tu le dis : c’est onéreux, c’est pour ça qu’on veut faire une couverture de soins de santé.

 

Marianne : Mais je suis d’accord, faut coupler cette directive avec les autres, et elle couvre beaucoup de choses, les soins, les mesures sociaux. C’est l’amalgame de tout c’est truc là. On a un nouveau statut juridique…

 

Salomé :… sauf que là c’est pas totalement couvert par le droit international — et je sais ce que tu vas me sortir derrière. Mais en tout cas, financièrement t’acceptes ce principe : si les États membres vont s’adapter autour de leurs ressources et ce n’est pas ce que tu cherches.

 

Et ce n’est pas ce qu’on cherche : ce qu’on cherche c’est une meilleure communication.

 

Conclusion : « il va falloir se battre ! »

 

Salomé : on va voir ce que ça va donner, demain en commission.

 

Marianne : on s’aime quand même…

 

Nicolas B.

 

Salomé :…. mais on ne va pas trop être d’accord. Il va falloir se battre !

 

 

Please reload

Our Recent Posts

Elle retire, elle se retire. Le texte se retire?

August 3, 2018

Implosion d’une partie du groupe politique social-démocrate

August 3, 2018

L’épopée des amendements

August 3, 2018

1/1
Please reload

Tags

Please reload