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Tribune : Le Salaire Minimum Européen, premiere étape d'un nouveau paradigme économique en Europe

Depuis près de 40 ans maintenant, l'économie mondiale se base sur une seule et unique doctrine : celle du laisser-faire ; c'est-à-dire le moins d'intervention possible de l'Etat car le marché s'auto-régule de façon naturelle. Certains nous parlent de cycles économiques, comme si les crises à répétition étaient normales. Sauf qu'elles ne le sont pas.


En 1929, quand la crise boursière toucha les Etats-Unis, le Président Franklin D. Roosevelt décida de secouer les choses et de changer le paradigme économique de l'époque. Avant 1929, le laisser-faire était de mise ; comme il l'est aujourd'hui. FDR deécida de changer cela. Il mis en place de nombreuses lois afin de protéger les plus faibles, tous ceux qui ignorent comment marche le système économique mondial : séparation des banques commerciales et d'investissement, plus de transparence sur les investissements, etc. Il appliqua une politique de Grands Travaux et redynamisa ainsi l'économie américaine en appliquant à la lettre les principes énoncés par l'économiste britannique John Maynard Keynes.


Presque 80 ans plus tard, une nouvelle crise toucha le monde. Entre temps, nous avions enlevé toutes les barrières mises en place après 1929. Les théoriciens du laisser-faire sont revenus à la charge. Ils ont utilisé les crises pétrolières des années 70 pour de réguler l'économie à nouveau. Sauf qu'au lieu d'avoir une crise des titres financiers, nous avons eu une crise des dettes immobilières. Donc la crise de 2007 a touché encore plus rapidement l'économie dite réelle.


Au lieu de chercher à mettre en place un nouveau paradigme économique en place, comme après 1929, nous avons continué dans le laisser-faire, dans la théorie de l'auto-régulation des marchés. Nous n'avons pas compris que le moteur principal de l'économie c'est la consommation des ménages et non les profits des actionnaires. Les salaires ont stagné voir même baissé. Nous avons appliqué une politique d'austérité très stricte, pour ne pas dire mortelle dans le cas de la Grèce.


Si l'austérité est de mise pour les plus pauvres et les classes moyennes, elle ne l'es pas pour les riches et puissants. Récemment alors que Deutsche Bank licencie 18 000 de ses employés les moins qualifiés, ses dirigeants se partagent 52 millions d'euros en parachute dorés.


En économie, la règle la plus basique est la suivante : la demande créée l'offre. La demande peut être créé par des arguments marketing mais elle reste centrale. Si la demande pour votre produit n'existe pas, il ne se vendra pas. Pour dynamiser la croissance il faut donc que les individus consomment, donc augmenter leur pouvoir d'achat. Le fait est qu'en versant 52 millions à des individus ayant des comptes en banques déjà bien plein on n'augmente pas leur pouvoir d'achat. La majorité de cette somme va être placée on ne sait où et n'entrera jamais dans le circuit économique. Or, si on décide d'augmenter les revenus des plus pauvres, c'est l'inverse. Et c'est là qu'entre en jeu le Salaire Minimum Européen.


Le SME permettra aux travailleurs d'avoir une base de sureté, un minimum. Il les protégera de la misère la plus terrible et leur permettra de mieux vivre. Car si vous donnez 100€ de plus à un ménage faisant partit des 10% les plus pauvres, vous pouvez être sur que ces 100€ seront utilisés pour acheter des denrées alimentaires de meilleures qualités, ou bien acheter de nouvelles chaussures. Cette somme sera donc consommée. Si les gens consomment plus, on va aussi devoir produire plus. Il y aura création d'emplois, donc augmentation du revenu global des ménages, donc augmentation de la consommation. Cela forme donc un cercle vertueux.


Accompagnée d'une harmonisation des prestations sociales au sein des Etats membres, il permettra aussi de diminuer les écarts de revenus et de lutter contre le dumping social que pratiquent les entreprises.


Couplé à de nombreuses réformes de fond comme la séparation des activités d'investissement et commerciales, le SME peut devenir un pillier du renouveau économique européen. Il faut mettre en place des politiques publiques de Grands Travaux, refaire nos infrastructures et mettre fin aux politiques d'austérité qui dominent l'Europe. Enfin, arrêter d'avoir peur du monstre imaginaire inflationniste que nous promettent certains.


Il faut que les eurodéputés adoptent le SME et se lancent enfin dans une réforme profonde du système économique européen afin que l'Europe fonctionne pour tous et pas seulement pour certains.


Helena Petrzljan

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